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Mercredi 19 janvier 2011 3 19 /01 /Jan /2011 19:21

 

Pour lire ma nouvelle intitulée le Gardien, cliquez ici : link

Par Marianne Jaeglé
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Samedi 13 novembre 2010 6 13 /11 /Nov /2010 16:53

Anna Piot publie un entretien dans lequel je retrace l'histoire de Ecrire, de la page blanche à la publication.

Merci, Anna !

pour aller sur le blog d'Anna Piot, cliquez ici ! link

Par Marianne Jaeglé - Publié dans : écrire, dit-elle
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Jeudi 28 octobre 2010 4 28 /10 /Oct /2010 15:21

 

ar 8046

 

Je dédicacerai mon livre le vendredi 4 mars à la librairie Atout Livre, link

225 rue Daumesnil, métro Daumesnil, à partir de 19 h 30.

A cette occasion, j'animerai un petit atelier d'écriture à la librairie.

Entrée libre et gratuite, dans la limite des places disponibles...

Par Marianne Jaeglé - Publié dans : écrire, dit-elle
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Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 16:53

 

http://personne-agee.com/wp-content/gallery/jacques-brel/jacques-brel-jpg_6534.jpg

 

Après avoir été inséparables, deux années durant, après avoir écrit des poèmes ensemble, fait du théâtre ensemble dans la troupe du lycée, et aimé le même garçon (qui a opté pour elle, ce que je comprenais parfaitement et dont je n’ai nullement pris ombrage) Sophie et moi avons vécu un premier clash. La troupe de théâtre amateur dont nous faisions partie m’avait désignée pour tenir le premier rôle féminin dans Caligula et Sophie, qui se destinait alors à la scène, s’est inscrite dans une troupe concurrente et a rompu toute relation avec moi. De cette rupture, qui m’a laissée très désemparée, j’ai beaucoup souffert.

Deux ans après cette fâcherie, nous nous retrouvons en hypokhâgne, loin de nos familles respectives, dans un établissement inconnu, parmi des élèves dont aucun ne nous est  familier ; un rapprochement stratégique a alors lieu. Cette année-là, je ne peux plus rivaliser. Sophie est de loin la meilleure de la classe, titre que j’ai remporté sans effort tout au long de ma scolarité mais auquel je ne peux plus prétendre. A l’âge de 15 ans, j’ai sombré dans une léthargie qui semblait devoir durer toujours. Je n’ai plus de force pour rien, pas même pour lire. M’extirper du lit chaque matin réclame déjà un effort démesuré, alors les cours… J’ai pourtant été admise en classe préparatoire en raison de notes flatteuses obtenues au bac de français ; je vis sur mon passé de bonne élève.

Sophie elle, a de l’énergie et de l’ambition à revendre. Elle excelle dans toutes les matières et les profs chantent ses louanges. Ses copies remportent de loin les meilleures notes dans toutes les matières. Je les lis pour comprendre ce qu’il aurait fallu faire, ce que j’aurais dû écrire, moi qui n’y arrive plus. Je me souviens ainsi d’un de ses devoirs de philosophie (il s’agissait d’une dissertation consacrée à la nostalgie, littéralement la « douleur de ce qui n’est plus ») ; parmi les remarques flatteuses de l’enseignante justifiant l’excellente notre qu’elle lui avait attribuée, quelque chose me brûle au fer rouge de l’envie. Je ne me souviens que vaguement des annotations consacrées à la rigueur du raisonnement, à la finesse de la démonstration et à l’érudition des références, remarques auxquelles, pour ses copies, je suis désormais habituée, mais quelque chose me fait tressaillir de jalousie, et vingt ans plus tard, je n’ai pas oublié cette sensation. « Le passage concernant le vieux meuble m’a donné à penser que vous devriez peut-être écrire » avait marqué madame Jeandot parmi ses commentaires. Après avoir lu cela, je parcours en hâte la copie de Sophie, cherchant le signe de l’élection que notre professeur a su repérer dans cette copie et qu’elle n’a hélas pas vu dans les miennes. En dépit de la dépression dans laquelle je  m’enfonce, je n’ai pas cessé de penser à l’écriture comme à une planche de salut, de rêver à elle.  

Le passage en question, accompagné d’un trait rouge dans la marge, est un paragraphe comparant la mémoire commode d’autrefois, encombrée de bibelots et de témoignages du temps passé. Je le lis à plusieurs reprises, non sans perplexité. Qu’est-ce que madame Jeandot y voit ? Il ne m’évoque rien d’autre que J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans. Je n’y vois rien de spécial, sinon des réminiscences de Baudelaire, que madame Jeandot ne peut pas ignorer. Je finis par me rendre à l’évidence : il y a là quelque chose que je ne sais pas voir, ce qui est une preuve de plus de mon insuffisance. Une fois encore, j’admets que je ne serai pas à la hauteur de ce à quoi j’ai aspiré. Une fois encore, je renonce à l’écriture.

Et ce souvenir cuisant en appelle un autre avec lui, où Sophie apparaît, encore elle, la même année. Nous sommes toujours amies, d’une amitié de surface, travaillée en profondeur par une faille béante, toujours agitée de secousses. Notre attachement est une glace fragile.  

Nous sommes assises toutes deux au dernier rang de la classe, au fond à droite, mais pas côte à côte. Il y a deux places libres entre nous. Je suis assise du côté salle tandis qu’elle est du côté mur. L’année scolaire est déjà bien avancée et les rôles de chacun bien définis. L’an prochain, Sophie ira à Paris, dans une khâgne prestigieuse, à la conquête de l’avenir brillant qui l’attend. Elle intègrera ensuite Normale sup, cela ne fait de doute pour personne. Pendant ce temps-là,  j’irai grossir les rangs des dilettantes et des gens au futur indécis à la fac de Lyon.

Ce jour-là, le prof de français rend les copies ; nous savons que, comme à son habitude, il les a classées et les distribue sadiquement par ordre décroissant : les premières vont aux bons élèves, puis, au fil des copies, les notes baissent.  Ainsi, chacun sait où les autres et lui-même se situent dans la hiérarchie de la classe. Il s’approche de notre rangée dans l’allée centrale et, sans rien dire, pose la première copie devant moi. Je la saisis et m’apprête à la faire glisser jusqu’à Sophie, quand quelque chose retient mon attention. L’écriture sur la copie n’est pas celle, ronde et régulière, qui figure d’ordinaire sur ses devoirs. C’est une écriture heurtée et anguleuse, qui m’est familière. Je ramène le devoir devant moi, et commence à lire avec intérêt ce que le prof y a inscrit.

Monsieur Cara s’est éloigné, continuant à distribuer les dissertations. A ma droite, une voix sifflante, furieuse retentit : « Je peux avoir ma copie, s’il-te-plaît ? » Et les dernières apparences de notre amitié éclatent en mille morceaux dans ce sifflement de colère. Je lève la tête vers Sophie, je lui montre la feuille. « C’est la mienne » dis-je, tandis qu’elle se confond en excuses.

Aucun prof, à aucun moment de ma vie, n’a jamais écrit en marge de mes copies que je devrais écrire. A dire vrai, personne, jamais, ne m’a encouragée dans cette voie. Mais mon envie de l’écriture était si profondément ancrée en moi qu’elle a fini, comme ces plantes minuscules qu’on voit parfois en montagne pousser dans l’anfractuosité de la roche,  à force d’obstination, par surmonter les obstacles les plus durs, par croître, vivre et fleurir au grand jour.

Bien des années plus tard, j’ai appris ce que Brel pensait du talent. « Le talent, disait-il,  ça n’existe pas. Le talent, c’est l’envie qu’on a de faire les choses ».  

 

ce texte a d'abord été publié sur le blog de Jean Prod'hom, à l'occasion des Vases communicants d'octobre 2010.

Par Marianne Jaeglé - Publié dans : écrire, dit-elle
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Jeudi 30 septembre 2010 4 30 /09 /Sep /2010 06:42

Friedrich Heinze de Rendsburg


Je me souviens du printemps 1983, du plan de Lübeck
déniché dans un ouvrage de Jean Delumeau, des lectures
dʼAlexandre Koyré et de Thomas Kuhn. Et je rêvais dʼune
série de récits coperniciens. Il nʼy en eut quʼun

(http://www.lesmarges.net/files/bfda9b47596dda08059606f9e0353ba6-721.html ).

Voici à quoi aurait ressemblé le second si jʼavais tenu
parole.

http://landkarten-ausstellung.de/SonderStadtansichten/DN1652nah.JPG

Rendsburg

( http://landkarten-ausstellung.de/zStadtansichten.html )


Friedrich Heinze de Rendsburg rêvait enfant des merveilles
du monde. Plus tard il lut assidûment les récits quʼen avait
faits Marco Polo et rencontra quelques-uns des aventuriers
de son temps. Il se mit en chemin le 8 mai 1650, à la
conquête des pays du levant, avec lʼespoir démesuré de
rejoindre lʼhorizon et saisir en leur langue les légendes de la
terre.
Il fit une première longue halte sur la rive droite de lʼOder,
surpris par le sabir que parlaient les autochtones, une langue
en quinconce qui avait bien un lointain air de famille avec la
sienne, mais quʼil comprenait à peine et de travers. Il passa
tout lʼhiver à en faire façon, cʼest-à-dire à sʼy glisser et à la
faire sienne. Il y parvint au printemps de lʼannée suivante et
sʼy trouva si bien quʼil demeura sur les rives du fleuve une
année encore à deviser avec ceux qui sʼy étaient établis. Il
nota quelques-uns des nombreux récits quʼon lui fit. Il ne leva
le camp et ne continua son chemin que lorsque les cigognes
blanches installèrent leur nid sur les hauts clochers des
villages de Silésie.
Cʼest à la fin du mois de mai que Friedrich reprit donc son
havresac et marcha sans compter en direction de la mer
Noire, jusquʼà lʼhiver qui engourdit les innombrables bras du
delta du Grand Fleuve où il fit halte. Les moeurs avaient
changé, les yeux des femmes lançaient dʼautres feux et les
brumes paressaient certains jours jusquʼau soir. La langue
aussi, un sabir encore, mais un sabir de sabir qui établissait
sa grammaire en dʼautres lits, faisait entendre des chants
inouïs et creusaient des paysages éblouissants qui nʼavaient
rien à voir – ou si peu – avec ceux du Schleswig quʼil avait
laissés derrière lui. Il sʼarrêta là une paire dʼannées, sʼy
acclimata. Il apprit la langue, écouta les histoires tandis que
la neige tombait comme jamais sur le delta.
Il reprit la route un printemps en laissant derrière lui les
terres quʼil avait apprivoisées, une langue et des gens quʼil
avait aimés.
Pour disposer de lʼinconnu et des mots obscurs qui
lʼaccueillaient au détour des régions où il fit halte, il lui fallut
chaque fois déployer une attention nouvelle : nouvelle
grammaire, nouveau lexique pour nommer les choses,
écouter les épopées, demander un morceau de pain et
goûter aux chants de la terre. Il suivit saison après saison la
pente des langues, leur thalweg ou leur relief, sʼéloignant
ainsi toujours plus de la sienne dans le berceau de laquelle il
était né, tant et si bien quʼil la perdit de vue et en fut comme
desséché. Il voyagea ainsi en direction du levant, par terre et
par mer trente ans durant avant de se retrouver aux portes
de Rendsburg où demeuraient ceux quʼil avait quittés.
Ne restait ceint autour des reins du vagabond quʼun peu de
maigreur avec un havresac vide et des lambeaux de
souvenirs, quelques mots et un rien de bonheur, une béate
ignorance en contrepartie de lʼénigme qui ceinture la terre.
Les hivers et les printemps qui suivirent son retour ne lui
suffirent pas pour apprivoiser la langue dont il sʼétait éloigné.
Il demeura le restant de ses jours dans son pays pour y voir
clair, faire façon de la langue la plus étrange, la plus
extraordinaire, la plus inconcevable qui, à mesure quʼil en
déchiffrait des pans, enfouissait plus profondément ses
secrets.
On raconte que lʼhomme de Rendsburg aima comme au
premier jour la femme quʼil avait quittée autrefois, cette
femme quʼil ne reconnut pas et qui lʼaima elle aussi, une
seconde fois pour la première fois.

 

pour lire les autres textes de Jean Prod'hom et/ou mon texte publié sur son blog ce mois-ci : 

http://www.lesmarges.net/

 

Les autres échanges des Vases communiquants d'octobre :

Brigitte Célérier http://brigetoun.blogspot.com/ 
puce Lambert Savigneux http://aloredelam.com/

puce François Bon http://www.tierslivre.net/
puce Daniel Bourrion http://www.face-terres.fr/

puce Michel Brosseau http://àchat perché.net
puce Joachim Séné http://www.joachimsene.fr/txt/

puce Christophe Grossi http://kwakizbak.over-blog.com/
puce Christophe Sanchez http://fut-il-ou-versa-t-il.blogspot.com/

puce Christine Jeanney http://tentatives.eklablog.fr/
puce Piero Cohen-Hadria http://www.pendantleweekend.net/

puce Cécile Portier http://petiteracine.over-blog.com/
puce Anne Savelli http://fenetresopenspace.blogspot.com/

puce Juliette Mezenc http://juliette.mezenc.over-blog.com/
puce Louis Imbert http://samecigarettes.wordpress.com/

puce Michèle Dujardin http://abadon.fr/
puce Jean-Yves Fick http://jeanyvesfick.wordpress.com/ 

puce Guillaume Vissac http://www.omega-blue.net/
puce Pierre Ménard http://www.liminaire.fr/
 
puce David Pontille de Scriptopolis http://www.scriptopolis.fr/
puce Running Newbie http://runningnewb.wordpress.com/ 

puce Anita Navarrete-Berbel http://sauvageana.blogspot.com/
puce Gilda http://gilda.typepad.com/traces_et_trajets/ 

puce Matthieu Duperrex d'Urbain trop urbain http://www.urbain-trop-urbain.fr/
puce Loran Bart http://leslignesdumonde.wordpress.com/ 

puce Geneviève Dufour http://lemondecrit.blogspot.com/
puce Arnaud Maisetti http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique1 

puce Jérémie Szpirglas http://www.inacheve.net/
puce Jacques Bon http://cafcom.free.fr/ 

puce Maryse Hache http://semenoir.typepad.fr/
puce Candice Nguyen http://www.theoneshotmi.com/ 

puce Nolwenn Euzen http://nolwenn.euzen.over-blog.com/
puce Olivier Beaunay http://oliverbe.blogspirit.com/

Par Marianne Jaeglé - Publié dans : vases communicants
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Jeudi 23 septembre 2010 4 23 /09 /Sep /2010 08:33

... pour le Prix littéraire de la ville de Mennecy.

Les auteurs et les ouvrages en lice pour le premier Prix littéraire de la ville de Mennecy


  •  
  • Marianne JAEGLE   "Vous n’aurez qu'à fermer les yeux "  (Jacques-Marie Laffont)
  •  Guido DELVIL   »A mort la banlieue »  (Le Manuscrit)
  • Frédéric LHERBIER   »La librairie italienne et autres récits »  (L’Harmattan)
  • Bernard BOUDEAU  « Méfie toi d’Assia »  (In Octavo)
  • Pierre NOLLET  « Les enfants d’Aniaki »  (In Octavo)
  • Gérard BAUDERE   »Les métamorphoses d’un outrecuidant »  (Editions du Panthéon)
  • Laurent BRARD   »Le fils des brûlés »  (Plon)
  • Marie CHARREL  « Une fois ne compte pas »  (Plon)
  • Pierre-Emmanuel SCHERRER   »Désert Pearl Hôtel »  (La Table Ronde)
  • Jacques TALLOTE   »Alberg »  (La Table Ronde)
  • Jean-Sébastien HONGRE   »Un joueur de poker »  (Anne Carrière)
  • Bruno SCHNEBERT   »L’Agrégé »  (Le Cherche Midi)
  • Jean-Philippe DEPOTTE   »Les démons de Paris »  (Denoël)
  • Jean-Claude MARGUERITE   »Le Vaisseau Ardent »  (Denoël)
  • Ariane CHARTON   »Le roman d’Hortense »  (Albin Michel)
  • Julie GRELLEY   »Anges »  (Albin Michel)
  • Viktor LAZLO   »La femme qui pleure »  (Albin Michel)
  • Aurélien MOLAS   »La onzième plaie »  (Albin Michel)
  • Anne FAKHOURI  « La brume des jours et le Clairvoyage »  (Atalante Jeunesse)
  • Bruno Le SASSIER   »Une histoire d’homme »  (JC Lattès)
  • Isabelle MONNIN  « Les vies extraordinaires d’Eugène »  (JC Lattès)
  • Hervé BEL   »La nuit du Vojd »  (JC Lattès)
  • Capucine MOTTE   »La vraie vie des jolies filles »  (JC Lattès)
  • Carmen BRAMLY   »Pastel fauve »  (JC Lattès)
  • Joseph d’Anvers  « La nuit ne viendra jamais »  (La Tengo)
  • Patrick-Olivier MEYER   »Nevrospiral »  (Callman-Lévy)

Par Marianne Jaeglé - Publié dans : écrire, dit-elle
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Jeudi 16 septembre 2010 4 16 /09 /Sep /2010 13:33

 

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Ceux à qui vous offrez votre roman, orné d’une affectueuse dédicace, dont nous n’avez plus de nouvelle pendant deux ans, au terme desquels ce cadeau se verra relégué au rang des affaires classées : vous n’en entendrez jamais parler.

Ceux dont vous n’attendez rien (vous ne les considérez pas à proprement parler comme des amis, ils n’ont rien à voir avec l’écriture) et qui, dès la sortie de votre livre, se ruent en librairie, l’achètent, le lisent, vous écrivent pour vous dire qu’ils l’ont aimé.

Ceux qui vous font remarquer que votre livre n’est pas en vente dans leur librairie, que c’est à peine si on le trouve à la Fnac, et encore, pas sur les tables d’exposition.

L’amie qui vous envoie une carte postale représentant une pile de livre dont on ne voit que la tranche et dont les titres, lus successivement, forment la phrase suivante : Au diable … Les écrivains… Heureux !

Celle qui vous appelle à la fin de l’été pour avoir de vos nouvelles, à qui vous racontez succinctement que vous avez publié deux livres, passé de bonnes vacances et organisé la rentrée de votre fille, à qui vous demandez : Et toi ? qui répond : Moi non plus, rien de bien faramineux, avant d’embrayer sur le mobil home loué au camping de Palavas.

Ceux qui vous demandent des nouvelles de votre roman, à qui vous expliquez qu’il est paru dans une indifférence quasi générale, qui vous répondent affectueusement : Mais enfin, ma pauvre, à quoi t’attendais-tu ?

Cet homme âgé, malade, affaibli, qui ne fait pas à proprement parler partie de votre famille mais que vous côtoyez depuis des années lors des grandes cérémonies (mariages, baptêmes, enterrement), que vous allez saluer, lors d’une fête. Constatant à quel point il semble diminué, vous jugez nécessaire de lui rappeler qui vous êtes Marianne, vous savez ? La nièce d’Henri !. Cet homme vous considère un moment d’un air dubitatif (il est vrai que vous avez changé de coupe de cheveux, et peut-être aussi pris un coup de vieux) au point que vous vous apprêtez à ecommencer vos explications, quand il demande : C’est vous, n’est-ce pas, qui êtes écrivain ?

-       Oui, dites-vous, transportée, émerveillée, heureuse, oui, c’est moi, oui ! »

Par Marianne Jaeglé - Publié dans : écrire, dit-elle
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Jeudi 9 septembre 2010 4 09 /09 /Sep /2010 09:29

Le samedi 16 octobre, je dédicacerai Ecrire, de la page blanche à la publication au Salon du livre du Mans, sur le stand des Carnets de l'Info.

 

http://www.24heuresdulivre.fr/

 

Le 18 décembre, je dédicacerai Vous n'aurez qu'à fermer les yeux au Salon du livre d'Ile de France, à Mennecy.

 

http://www.salondulivreidf.fr/premier-salon-du-livre-de-mennecy/

 

Par Marianne Jaeglé - Publié dans : écrire, dit-elle
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Vendredi 2 juillet 2010 5 02 /07 /Juil /2010 15:49

 

 

 

Les-Editeurs-FRG-thumb-500x375.jpg

Aux Editeurs, un café qui se trouve au métro Odéon.

Comme tous les jeudis, en compagnie de Claude et Catherine, mes amies, je suis assise à une table ronde devant une tasse de thé et mon cahier.

 

Une fois par semaine, nous nous réunissons pour nous lire ce que nous avons écrit, et pour un temps d’écriture en commun. Une façon que nous avons trouvée de partager l’écriture.

A la table voisine de la nôtre, un groupe finit de déjeuner. C’est un déjeuner d’affaires, à l’évidence, car on s’y voussoie. Il y a deux hommes d’âge mûr ; ils ont tous deux parlé à voix haute et sonore, et deux personnes plus jeunes, dont je n’ai pas entendu la voix. Tandis que Catherine et Claude se concentrent sur leur page blanche, et ce qui s’y inscrit, je ne peux m’empêcher de prêter attention à leurs échanges, d’entendre les mots qui, de temps à autres, fusent jusqu’à notre table. « Date de parution » « plan média » « je suis certain que mon ami Jean-Paul… » Bientôt, je sais avec certitude qui est qui dans ce quatuor. Il y a deux ténors, l’éditeur et l’auteur, et deux figurants, le directeur commercial et l’attachée de presse. Je devine quel était l’objet du déjeuner : il s’agissait de mettre au point la parution du nouveau livre pour la rentrée prochaine, celui dont l’auteur et l’éditeur espèrent beaucoup. Tout le monde se lève. L’éditeur et l’auteur se congratulent mutuellement ; le déjeuner s’est bien passé, les voilà satisfaits l’un de l’autre, des accords trouvés. Chacun rassemble ses affaires. L’éditeur a sorti sa carte bleue, demande une facture à la serveuse.

Il s’avise alors de notre présence silencieuse, trois femmes d’âges divers penchées sur leur cahier, les stylos qui noircissent progressivement la page blanche. Il se penche alors à l’oreille de son auteur : « Attention mon cher, méfiez-vous ! La concurrence est à l’œuvre ! Je crois qu’elle sera rude !» L’auteur se retourne vers nous et éclate d’un grand rire qui assure l’éditeur de son assentiment.

Ils passent devant nous, riant toujours. Claude et Catherine ne tournent même pas la tête, ne s’aperçoivent pas de leur présence, de leur ironie, occupées à écrire, immergées dans le bonheur d’écrire. L’écriture, disait je ne sais plus qui, ce n’est peut-être qu’une façon d’avoir toujours le dernier mot.

Par Marianne Jaeglé - Publié dans : écrire, dit-elle
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Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 17:04

 

« Qu’est-ce que tu fais dans la vie ?

- Je suis comédien.

- Génial ! Et ... Tu travailles dans quel restaurant ?

 

(Blague new-yorkaise).

  ecrire a auteur

 

      « Qu’est-ce que tu fais dans la vie ?

      - J’écris des livres. -

     - Des livres pour enfants ? »

 Je ne sais pas pourquoi, la question des  livres pour  enfants arrive systématiquement lorsque je dis ce que je « fais dans la vie ». Sans doute parce que je suis une femme, et que je ne suis pas encore très âgée. Mon interlocuteur veut bien que j’écrive des livres, mais alors seulement dans le genre considéré comme mineur des ouvrages pour la jeunesse.

Afin de ruser, de temps à autre, je réponds que je suis auteur (car telle est la catégorie dans laquelle me range la sécurité sociale) :

- Auteur compositeur ? me demande-t-on alors.

- Non, dis-je, j’écris des livres.

Et là, immanquablement, surgit la question : -  des livres pour enfants ?"

Je pourrais prévenir cette question en précisant d’emblée « j’écris des livres pour adultes » mais bien sûr, cela générerait d’autres confusions.

Je me souviens de la fois où avec mon mari, nous sommes allés demander un prêt immobilier à la banque. Le conseiller financier qui devait constituer notre dossier a d’abord examiné le cas de mon mari. « Vous êtes donc réalisateur, monsieur, et vous touchez, outre vos salaires, des droits à la diffusion de vos films, des allocations d’intermittent du spectacle, ce qui, à raison d’une année vous fait donc un revenu équivalent à peu près à… »

Il remplissait un imprimé tout en récapitulant à voix haute, cochait des cases. Il s’est ensuite tourné vers moi. « Et vous, madame ?

Je suis auteur" ai-je dit.

 Je lui avais donné tous mes papiers ; mes revenus, il les avait sous les yeux.

Il a hoché la tête d’un air compréhensif avant de demander : « Et comme profession, je mets quoi ? »

J'aurais aimé répondre : « Mettez donc éboueur, monsieur. » Mais nous avions besoin de ce prêt. Je suis donc restée poliment assise, et j’ai répondu poliment, avec une platitude dont je rougis encore aujourd’hui, que je te laisse imaginer, ami lecteur. Ca n’a d’ailleurs servi à rien : nous n’avons pas obtenu de prêt, faute de revenus assez sûrs, et assez réguliers.

Depuis, je me suis rendue à l’évidence : le malentendu est la forme normale, inéluctable, de l’échange entre êtres humains et peut-être même de l’existence. Ca doit d’ailleurs être la raison pour laquelle je me suis mise, très tôt, à aimer les livres, puis à en écrire, devenant de fait auteur et espérant par ce biais parvenir à une communication plus précise, plus juste, plus satisfaisante pour moi avec mes semblables. Comme on le voit, la partie n’est pas encore gagnée.

 

 

 Ce texte a d'abord été publié sur le blog de Brigitte Célerier, dans le cadre des Vases communicants. http://brigetoun.blogspot.com/


 

 

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ar 8046

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Profil

  • Marianne Jaeglé
  • Décablog
  • Femme
  • écrivain obsédée textuelle
  • "En dehors de mon métier d'écrivain, je ne suis bon à rien. En conséquence, on peut dire qu'un bon à rien est toujours susceptible de devenir écrivain." François Mauriac

revue de presse

De la folie, de l’amour, de la passion, de la générosité, autant de qualités qui animent « Vous n’aurez qu’à fermer les yeux », le dernier roman de Marianne Jaeglé.

 

Un livre passionné dont on se délecte au fil des pages, porté par une écriture légère qui nous parle. Un livre sur les relations inter-génération, sur la folie, sur l’amour, sur la vie, une belle histoire entre deux êtres humains bordés d’amour…au cœur du milieu psychiatrique, à la recherche d’une possible frontière entre folie et raison.

 

l'article de Mickaël Tardu est à lire dans son intégralité à l'adresse suivante :

http://www.carrefourdescultures.com/lecture/vous-naurez-qua-fermer-les-yeux-123

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