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Humour canadien

Dans Putain, son premier récit paru en 2001 aux éditions du Seuil, elle racontait son expérience d’escort girl à Montréal. Dans Folle, son second ouvrage, paru chez le même éditeur trois ans plus tard, elle relatait cette fois un amour qui part en vrille, un homme obsédé par la pornographie sur internet, l’impossibilité de vivre cette relation comme celle d’en faire le deuil, et l’obsession qui l’habitait : se donner la mort avant d’avoir atteint trente ans. « Ce soir-là, rue Saint-Dominique, je t’ai aimé tout de suite, sans réfléchir à ma fin programmée le jour de mes quinze ans, sans penser que non seulement tu serais le dernier homme de ma vie mais que tu ne serais peut-être pas là pour me voir mourir. Quand on s’est mieux connus, c’est devenu un problème ; entre nous il y avait l’injustice de ton avenir. »

La promo faite autour de ses livres était, on s’en doute, largement axée sur la dimension autobiographique et scandaleuse de ses récits. Elle était belle, intelligente et talentueuse. Elle tentait de parler d’écriture ; on la ramenait au sexe, encore et toujours.

« Demain j’aurai trente ans. » Ainsi s’achève Folle, avec la tentation du suicide suspendue au-dessus de la narratrice en guise d’épée de Damoclès. On y a vu un procédé littéraire un peu facile, une provocation adolescente d’un goût discutable. Sur les plateaux télé, on a plaisanté Nelly Arcan sur ça aussi. Manque de bol, elle est passée à l’acte jeudi dernier, le 24 septembre 2009, à trente-six ans. Et ça, ça ne me fait pas rire du tout.

Tag(s) : #le monde vu de ma fenêtre

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