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Geoff-Dyer-0021 : Ne vous préoccupez pas des possibilités commerciales d'un projet. Laissez les agents et les éditeurs s'inquiéter de cela - ou pas. 

Conversation avec mon éditeur américain. Moi : "Je suis en train d'écrire un livre tellement ennuyeux, avec un si faible potentiel commercial que si vous le publiez, il vous en coûtera sans doute votre boulot." L'éditeur : "C'est exactement ce qui me donne envie de continuer à faire mon boulot." 


2 : N'écrivez pas dans les lieux publics. Au début des années 90, je suis allé vivre à Paris, pour les raisons littéraires habituelles. Si on vous surprenait à écrire dans un pub en Angleterre, vous risquiez de vous faire casser la tête, tandis qu'à Paris, dans les cafés... Depuis, j'ai développé une aversion pour le fait d'écrire dans des lieux publics. Je pense maintenant que ça devrait être fait exclusivement en privé, comme toutes les activités scatologiques. 


3 : Ne vous condamnez pas à être l'un de ces écrivains qui toute leur vie aspirent à être Nabokov. 


4 : Tenez un journal. Le plus grand regret de ma vie d'écriture, c'est de n'en avoir jamais rédigé un.  


6 : Ayez des regrets. C'est du carburant. Sur la page, ils se transforment en désir. 


7 : Ayez plus d'une idée à la fois à tout moment. Si j'ai le choix entre écrire un livre et ne rien faire, je choisirai toujours la dernière possibilité. C'est seulement quand j'ai des idées pour deux livres que j'en choisis l'une plutôt que l'autre. Il faut toujours que j'aie l'impression d'esquiver quelque chose. 


8 : Attention aux clichés. Pas seulement à ceux que Martin Amis combat. Il y a des clichés de réponse comme des clichés d'expression. Des clichés d'observation, des clichés de pensée - et même de conception. De nombreux romans, même parmi ceux qui sont assez bien écrits, présentent des clichés de forme, parce qu'ils se conforment aux attentes stéréotypées du public. 


9 : Faites-le tous les jours. Prenez l'habitude de mettre vos observations en mots et ça deviendra progressivement une seconde nature. C'est la plus importante des règles et bien entendu, je ne la respecte pas. 


10 : L'écriture est tout entière dans la persévérance. Il faut s'accrocher. Quand j'avais la trentaine, j'avais l'habitude d'aller à la gym alors que je détestais ça. Je le faisais pour retarder le jour où je cesserais d'y aller. Je fais la même chose avec l'écriture. C'est une façon de retarder le jour où je n'écrirai plus, le jour où je sombrerai dans une dépression si profonde qu'il sera impossible de la distinguer d'une parfaite béatitude. 

 

Cet article a été publié dans The guardian : link

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