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Ceux à qui vous offrez votre roman, orné d’une affectueuse dédicace, dont nous n’avez plus de nouvelle pendant deux ans, au terme desquels ce cadeau se verra relégué au rang des affaires classées : vous n’en entendrez jamais parler.

Ceux dont vous n’attendez rien (vous ne les considérez pas à proprement parler comme des amis, ils n’ont rien à voir avec l’écriture) et qui, dès la sortie de votre livre, se ruent en librairie, l’achètent, le lisent, vous écrivent pour vous dire qu’ils l’ont aimé.

Ceux qui vous font remarquer que votre livre n’est pas en vente dans leur librairie, que c’est à peine si on le trouve à la Fnac, et encore, pas sur les tables d’exposition.

L’amie qui vous envoie une carte postale représentant une pile de livre dont on ne voit que la tranche et dont les titres, lus successivement, forment la phrase suivante : Au diable … Les écrivains… Heureux !

Celle qui vous appelle à la fin de l’été pour avoir de vos nouvelles, à qui vous racontez succinctement que vous avez publié deux livres, passé de bonnes vacances et organisé la rentrée de votre fille, à qui vous demandez : Et toi ? qui répond : Moi non plus, rien de bien faramineux, avant d’embrayer sur le mobil home loué au camping de Palavas.

Ceux qui vous demandent des nouvelles de votre roman, à qui vous expliquez qu’il est paru dans une indifférence quasi générale, qui vous répondent affectueusement : Mais enfin, ma pauvre, à quoi t’attendais-tu ?

Cet homme âgé, malade, affaibli, qui ne fait pas à proprement parler partie de votre famille mais que vous côtoyez depuis des années lors des grandes cérémonies (mariages, baptêmes, enterrement), que vous allez saluer, lors d’une fête. Constatant à quel point il semble diminué, vous jugez nécessaire de lui rappeler qui vous êtes Marianne, vous savez ? La nièce d’Henri !. Cet homme vous considère un moment d’un air dubitatif (il est vrai que vous avez changé de coupe de cheveux, et peut-être aussi pris un coup de vieux) au point que vous vous apprêtez à ecommencer vos explications, quand il demande : C’est vous, n’est-ce pas, qui êtes écrivain ?

-       Oui, dites-vous, transportée, émerveillée, heureuse, oui, c’est moi, oui ! »

Tag(s) : #écrire - dit-elle

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