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Vous avez reçu une lettre commençant par ces mots fatidiques : nous sommes au regret… Que faire ? 

 La première chose à faire, c’est : RIEN. (ou alors pleurer, casser quelque chose, donner des coups de poings dans un punching ball, mordre son oreiller, engueuler ses enfants). Encaisser la déception prend toujours un peu de temps.

Ensuite, le premier impact de déception encaissé,  il vous appartient de faire la part des choses : s’agit-il d’une lettre-type, ou d’un refus motivé ? Même si au final le résultat est le même, il ne faut pas confondre : si le refus est motivé, même de quelques lignes, cela signifie que votre manuscrit a suscité l’intérêt de l’éditeur. Son objectif est de vous laisser la porte ouverte pour un prochain envoi. Dans Ecriture, Mémoire d’un métier, Stephen King raconte comment il est passé des lettres de refus-type, aux lettres de refus motivées, puis aux lettres d’acceptation. Votre lettre de refus est motivée : vous êtes en bonne voie. Ne vous flagellez pas pour autant si votre lettre de refus est standard et rendez visite à ce site web http://refusdediteurs.webs.com/liste_des_editeurs.html dans lequel l’auteur a mis en ligne 180 lettres de refus qu’il a collationnées pour un même manuscrit… pour lequel il a finalement trouvé un éditeur (on est contents pour lui ) !!

Si l’éditeur s’est donné la peine de souligner des points faibles (l’intrigue est faible, tel personnage n’est pas crédible, le style manque d’efficacité), relire son texte, le stylo à la main. Toutes les critiques ne sont pas forcément à prendre au pied de la lettre, mais certaines sont fondées, et il faut avoir l’honnêteté de le reconnaître.

Pour se consoler, lire et relire les merveilleuses chronique d’Umberto Eco dans Pastiches et Postiches, dans lesquelles il imagine les lettres de refus qu’adresseraient aux plus grands les éditeurs actuels. Il refuse ainsi avec les arguments les plus éculés la Bible, les ouvrages de Sade, A la recherche du temps perdu, la Divine Comédie, et bien d’autres… Un régal, et un baume pour votre amour-propre blessé…

A propos d’À la recherche du temps perdu : «C’est assurément un ouvrage important, peut-être un peu trop long, mais en le débitant en volumes de poche, ça pourra se vendre. Pas tel quel, attention ! Il faut un gros travail d'editing : il y a, par exemple, toute la ponctuation à revoir. Les phrases sont trop laborieuses ; certaines prennent une page entière. Avec un bon rewriting qui les ramène à la mesure de deux ou trois lignes chacune, en coupant davantage, en allant à la ligne plus souvent, on arriverait sûrement à tirer quelque chose de ce texte. Si l'auteur n'est pas d'accord, il vaut mieux laisser tomber. Sous sa forme actuelle, l'ouvrage est - comment dire? - trop asthmatique.»

Umberto Eco, Nous sommes au regret de ne pas pouvoir publier votre ouvrage...


 Et enfin, continuer de travailler, bien sûr, l’idéal étant, à partir du moment où on a envoyé un texte à un éditeur, de  mettre en route un nouveau projet. Dans ce cas, l’attente est moins longue, quelles que soient les réponses, le coup en est amorti. Et surtout … on ne perd pas courage.

 

 

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