Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 11:31

 

"La nuit était si obscure qu'on ne voyait qu'à la faveur de la neige."

Saint-Simon, Mémoires. 


Par Marianne Jaeglé
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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 15:41

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1 : Ne mettez pas une photo de votre auteur préféré sur votre bureau, notamment si cet auteur est l'un de ces écrivains célèbres qui ont fini par se suicider. 

2 : Soyez sympa avec vous-même. Remplissez vos pages aussi vite que possible : pour cela, utilisez le double interligne, ou sautez une ligne à chaque fois. Considérez chaque page comme un petit triomphe.

3 : Et ce jusqu'à la page 50. Ensuite, calmez-vous, et commencez à vous préoccuper de la qualité. Inquiétez-vous vraiment : c'est votre boulot. 

4 : Donnez un titre à votre texte le plus rapidement possible. Regardez-le, possédez-le. Dickens savait que Bleak House (la Maison d'Apre-vent) s'appellerait ainsi avant même d'avoir commencé à l'écrire. La suite a dû en être facilitée. 

5 : Restreignez votre navigation internet à quelques sites par jour. Restez à distance sites de pari en ligne, à moins que ce soit pour faire des recherches. 

6 : Ayez un dictionnaire, mais dans le hangar au fond du jardin, ou derrière le frigo, à un endroit qui requière un déplacement ou de l'effort. De cette façon, il y a des chances pour que les mots qui vous viendront à l'esprit ("cheval" "courut" et "dit") fassent l'affaire. 

7 : De temps à autre, cédez à la tentation. Lavez le sol de la cuisine, étendez la lessive. C'est toujours de la recherche. 

8 : Changez d'avis. Les bonnes idées sont souvent assassinées par des idées encore meilleures. Je travaillais sur un roman consacré à un gang qui s'appellait "the Partitions". Puis j'ai eu l'idée de l'appeler "The Commitments". 

9 : Ne parcourez pas Amazon à la recherche des livres que vous n'avez pas encore écrits. 

10 : Consacrez quelques minutes chaque jour à rédiger votre biographie de 4e de couverture. "Il partage sa vie entre Kaboul et la Terre de feu." Ensuite, remettez-vous au boulot. 


Cet article a été publié dans the Guardian : link


Par Marianne Jaeglé
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 00:00

 

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1 : Etes-vous sérieux ? Dans ce cas, prenez un comptable. 

2 : Lisez Becoming a writer, de Dorotea Brande, et faites ce qu'elle conseille, y compris ce qui vous semble impossible. Vous allez tout particulièrement détester le conseil d'écrire le matin, avant de faire quoi que ce soit d'autre. Mais si vous réussissez à vous y tenir, il se pourrait que ce soit la meilleure chose que vous fassiez. Ce livre traite du parcours intérieur pour devenir écrivain. Il n'y a pas besoin d'en lire d'autre, mais si vous voulez doper votre confiance, les livres "pour les Nuls" font rarement du mal. 

3 : Ecrivez un livre que vous auriez envie de lire. Si vous n'avez pas envie de le lire, pourquoi quelqu'un d'autre le voudrait-il ? N'écrivez pas pour un public ciblé : d'ici à ce que votre livre soit achevé, ce public pourrait bien avoir disparu. 

4 : Si vous avez une bonne idée d'histoire, ne vous persuadez pas que ça doit nécessairement être raconté sous forme de prose narrative. Il se pourrait très bien que votre idée fonctionne mieux sous la forme d'une pièce de théâtre, d'un scénario ou dans un poème. 

5 : Tout ce qui précède le premier chapitre est susceptible d'être sauté ; soyez-en conscient. Ne mettez pas d'indice capital à cet endroit-là. 

6 : On gagne souvent à supprimer ses premiers paragraphes. Etes-vous en train d'exécuter une danse sacrée, ou seulement en train de vous échauffer ? 

7 : Concentrez votre énergie narrative sur le point de bascule de votre histoire. C'est particulièrement vrai pour un roman historique. Quand vos personnages arrivent dans un endroit inconnu, ou que les choses changent autour d'eux, c'est le moment de marquer une pause, et de donner à voir en détail ce qui les entoure. Les gens ne remarquent pas leur environnement quotidien ni leur routine, et quand c'est l'écrivain qui assume la description, ça peut passer pour une volonté de donner des leçons au lecteur. 

8 : Une description doit fonctionner en fonction de son rôle : elle peut être simplement ornementale. Elle fonctionne généralement mieux si elle est humanisée. Elle est plus efficace si elle vient d'un point de vue impliqué que si elle vient du point de vue de Dieu. Si la description a la subjectivité du personnage qui fait les remarques, elle devient en effet une part de la définition de ce personnage, et aussi une partie de l'action. 

9 : Si vous restez bloqué, éloignez-vous de votre bureau. Faites une promenade, prenez un bain, allez dormir, faites une tarte, dessinez, écoutez de la musique... Peu importe ce que vous faites, du moment que vous ne restez pas à ruminer le problème. En revanche, ne passez pas de coup de fil, et n'allez pas non plus à une soirée. Si vous le faites, les mots des autres vont s'engouffrer à l'endroit où vos mots perdus devraient se trouver. Créez une brèche pour eux, faites-leur de la place. Soyez patient.

10 : Attendez-vous à tout. Chaque nouvelle histoire a des exigences particulières  et peut générer des raisons de déroger à ces règles et aux autres.

A l'exception d'une seule : on ne peut pas consacrer son âme à la littérature si on pense aux impôts. 

 

Cet article est une traduction du Guardian : link

Par Marianne Jaeglé
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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 10:25

"Demandez-vous : dois-je écrire ? (...) Et si la réponse est positive, alors construisez votre vie selon cette nécessité". 

Rainer Maria Rilke. 

Par Marianne Jaeglé
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Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 11:48

 

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1 : Déterminez si c'est le jour ou la nuit qui convient le mieux à votre écriture, et organisez votre vie en fonction de cela. 

2 : Réfléchissez autant à partir de vos sens qu'à partir de votre intellect. 

3 : Rendez hommage au miracle de l'ordinaire. 

4 : Enfermez vos différents personnages dans une pièce et dites-leur de se débrouiller. 

5 : Rappelez-vous qu'il n'y a rien de pire qu'un non sens. 

6 : Gardez en mémoire l'adage d'Oscar Wilde selon lequel "seule la médiocrité prospère". Mettez-le au défi. 

7 : Laissez votre travail reposer avant de décider si vous allez l'utiliser ou non.  

8 : Voyez grand et soignez les détails. 

9 : Ecrivez pour demain, pas pour aujourd'hui. 

10 : Travaillez dur. 

 

extrait de Ten rules for writing fiction : link

Par Marianne Jaeglé
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 16:52

 

"Les gens sont ce qu'ils veulent faire..." Margurite Duras

Par Marianne Jaeglé
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Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 19:10
Par Marianne Jaeglé
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Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 10:20
Pour la deuxième année consécutive en 2011, le dispositif régional de formation professionnelle des auteurs a eu lieu grâce à un partenariat entre la Région Ile-de-France, le MOTif, l’AFDAS, et cinq sociétés d’auteurs : la Sofia, la SACD, la Saif, la Scam et l’Adagp.

Je vous communique une information sur deux stages que l’AGECIF organise très bientôt sur des fins de crédits :

Maîtriser son statut pour mieux gérer son activité – 4 jours
19, 20 janvier, 2 et 3 février 2012
Promouvoir une activité d'auteur sur Internet – 3 jours
15, 16 et 17 février 2012

C’est une action encore expérimentale. Je trouve important pour la continuité du programme à terme, que de nombreux auteurs y participent.

J’insiste sur le fait que ces formations sont d’un accès gratuit pour les auteurs car financées par les partenaires.

C'est la dernière session de ces modules.

Je compte sur vous pour faire connaître et recommander cette action à vos contacts professionnels ou pour vous inscrire si vous n’avez pas encore suivi l’un des modules.

Pour toutes informations complémentaires :
http://www.agecif.com/formations/2400-auteurs-de-lecrit-et-du-livre.html

Contacts pour les inscriptions
Julie Godin et Sabrina Zielinski.
Par téléphone au 01 48 87 58 24 ou par mél : formation@agecif.com
Par Marianne Jaeglé
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Jeudi 22 décembre 2011 4 22 /12 /Déc /2011 12:14
elmore-leonard.jpg 1: Ne placez jamais en début d'ouvrage des considérations météo. Si c'est seulement pour créer une atmosphère et pas pour donner la réaction d'un personnage au temps qu'il fait, ne vous attardez pas là-dessus. Le lecteur serait tenté de sauter le passage à la recherche de personnages. Il y a des exceptions à cette règle : si vous êtes Bary Lopez, qui a plus de façons de décrire la glace et la neige qu'un Eskimo, alors vous pouvez écrire toutes les considérations météorologiques que vous voulez.

2 : Evitez les prologues : ils risquent d'être ennuyeux. Tout spécialement les prologues qui suivent une introduction, venant elle-même après une préface. C'est ce qu'on trouve généralement dans les ouvrages de non-fiction. Mais pour le roman, un prologue, c'est de l'arrière-plan, on peut le laisser tomber où on veut. Il y a un prologue dans le Sweet Thursday de John Steinbeck, mais celui-là est ok parce qu'un personnage du livre énonce ce dont je parle dans cette règle. Il dit : "J'aime quand ça parle beaucoup dans un livre, et je n'aime pas quand personne ne me dit à quoi ressemble le type qui parle. Je veux pouvoir me représenter de quoi il a l'air à partir de sa façon de parler."

3 : N'utilisez pas d'autre verbe que "dire" pour introduire un dialogue. La ligne de dialogue appartient au personnage, et le verbe introducteur, c'est l'écrivain qui fourre son nez dedans. Et "dire" est bien moins intrusif que "grommeler" "haleter" "avertir"... J'ai remarqué une fois que Mary Mac Carthy avait terminé une ligne de dialogue avec "elle pontifia" et il a fallu que je m'arrête de lire pour aller chercher un dictionnaire. 

4 : N'utilisez jamais un adverbe pour préciser le verbe "dire"... déclara-t-il gravement. Utiliser un adverbe de cette façon (et pour ainsi dire de toutes les façons) est un péché mortel. L'écrivain s'expose alors pour de bon à utiliser un mot qui distrait et risque d'interrompre le rythme de l'échange. 

5 : Gardez vos points d'exclamation sous contrôle : vous avez droit à deux ou trois pour cent mille mots de prose, pas davantage. Mais si vous avez le don de jouer avec les points d'exclamations comme le fait Tom Wolfe, alors vous pouvez les balancer par poignées. 

6 : N'utilisez jamais les mots "soudainement" ou "l'enfer se déchaîna". Cette règle n'a pas besoin d'explication. J'ai remarqué que les écrivains qui utilisent "soudainement" ont tendance à ne pas surveiller leurs points d'exclamation. 

7 : Utilisez les patois et idiolectes avec parcimonie. Si vous commencez à épeler les mots phonétiquement dans le dialogue et à farcir celui-ci d'apostrophes, vous ne pourrez plus vous arrêter. Etudiez la façon dont Annie Proux capte la saveur des accents du Wyoming dans son recueil de nouvelles Close Range. 

8 : Evitez les descriptions de personnages hyper-détaillées dont Steinbeck abusait. Chez Hemingway, dans Hills like white elephants, à quoi ressemblent "l'Américain et la fille qui est avec lui" ? "Elle avait enlevé son chapeau et l'avait posé sur la table." C'est la seule description physique de l'histoire. 


9 : Ne vous lancez pas dans d'interminables descriptions de lieux et de choses, à moins que vous ne soyez Margaret Atwood et que vous soyez capable de peindre des scènes avec des mots. Vous ne souhaitez pas que la description interrompe le cours de l'action. 


10 : Abandonnez les passages que les lecteurs ont tendance à sauter. Pensez à ce que vous sautez dans un roman : les épais paragraphes de prose où l'on voit qu'il y a trop de mots. 

Ma règle la plus importante est celle qui résume les dix autres : si ça a l'air écrit, réécrivez-le. 

Extrait de Ten rules for writing fiction, The Guardian : link



  
Par Marianne Jaeglé
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Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 11:11

 

Entretien donné par Paul Fournel dans le cadre des Vendredis littéraires des Ateliers d'écriture Elisabeth Bing 
Par Marianne Jaeglé
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  • Marianne Jaeglé
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  • écrivain obsédée textuelle
  • "En dehors de mon métier d'écrivain, je ne suis bon à rien. En conséquence, on peut dire qu'un bon à rien est toujours susceptible de devenir écrivain." François Mauriac

revue de presse

De la folie, de l’amour, de la passion, de la générosité, autant de qualités qui animent « Vous n’aurez qu’à fermer les yeux », le dernier roman de Marianne Jaeglé.

 

Un livre passionné dont on se délecte au fil des pages, porté par une écriture légère qui nous parle. Un livre sur les relations inter-génération, sur la folie, sur l’amour, sur la vie, une belle histoire entre deux êtres humains bordés d’amour…au cœur du milieu psychiatrique, à la recherche d’une possible frontière entre folie et raison.

 

l'article de Mickaël Tardu est à lire dans son intégralité à l'adresse suivante :

http://www.carrefourdescultures.com/lecture/vous-naurez-qua-fermer-les-yeux-123

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