On n'y pense pas toujours assez, à cette dimension-là de l'écriture...
photographié à New-York par Frédérique Anne... Merci Frédérique !!
On n'y pense pas toujours assez, à cette dimension-là de l'écriture...
photographié à New-York par Frédérique Anne... Merci Frédérique !!
1: Les douze premières années sont les pires.
2 : La seule façon d'écrire un livre, c'est d'écrire un livre effectivement.
3 : Seuls les mauvais écrivains pensent que leur travail est vraiment bon.
4 : La description est un art difficile. Souvenez-vous que toute description est une opinion sur le monde. Trouvez un endroit où vous tenir.
5 : Ecrivez ce que bon vous semble. La fiction est faite de mots sur une page, la réalité est faite d'autre chose. Que votre histoire soit "réelle" ou fabriquée n'a aucune importance ; ce qui compte, c'est sa nécessité.
6 : Essayez d'être précis.
7 : Imaginez-vous en train de mourir. Si vous aviez une maladie en phase terminale, finiriez-vous ce livre ? Pourquoi pas ? La seule chose qui agace celui à qui il reste dix semaine à vivre, c'est ce qui ne marche pas dans le livre. Alors changez ce passage. Arrêtez d'argumenter avec vous-même. Changez-le. Vous voyez ? C'est facile. Et personne n'a besoin de mourir.
8 : Vous pouvez aussi faire tout ça avec l'aide du whisky.
9 : Amusez-vous.
10 : Rappelez-vous : si vous vous asseyez chaque jour à votre bureau pendant quinze ou vingt ans - sans compter les week-ends- ça vous change. Ca le fait vraiment. Il se peut que ça n'améliore pas votre caractère, mais ça peut corriger autre chose. Ca vous rend plus libre.
Ceci est la traduction d'un article paru dans The Guardian. Pour le lire, cliquez ici : link
Pour lire d'autres conseils d'écriture, donnés par d'autres écrivains, cliquez ici : Dix conseils d'écriture, par Margaret Atwood ; Dix règles d'écriture, par Geoff Dyer ; Dix règles d'écriture, par Roddy Doyle ; Dix règles d'écriture, par Hilary Mantel...
Ceci est la traduction d'un article paru dans The Guardian. Pour le lire, cliquez ici : link
Pour lire d'autres conseils d'écriture, donnés par d'autres écrivains, cliquez ici : Dix conseils d'écriture, par Margaret Atwood ; Dix règles d'écriture, par Roddy Doyle ; Dix règles d'écriture, par Geoff Dyer ; Dix règles d'écriture, par Andrew Motion
J'ai lu
ces jours-ci Le dedans des choses, un livre élégant et subtil sur la naissance de la vocation, le lien entre écriture et quête spirituelle.
"Je découvrais que les oeuvres d'art nous appellent à nous-mêmes, qu'elles ne parlent en nous qu'à l'artiste, non en l'incitant à peindre ou à écrire, mais à maintenir creuse cette chambre sans fond, ce comble incomblable d'où souffle un vent qui ne vient de nulle part et n'est ni celui de la mort et des souvenirs, plutôt de l'arrière-monde dont nous ne saurons jamais rien et qui nous anime."
Pour entendre Patrick Autréaux parler de sa double vocation de médecin et d'écrivain, regardez la vidéo dans laquelle il présente "Soigner", son précédent livre.
En hommage à cet immense
auteur, je reproduis ici un extrait de Rêve de Rêve, (pour l'acheter, cliquer ici : link) l'une
de mes oeuvres préférées.
Rêve de Claude Debussy, musicien et esthète :
La nuit du vingt-neuf juin 1893, une limpide nuit d’été, Achille-Claude Debussy, musicien et esthète, rêva qu’il se trouvait sur une plage. C’était une plage de la maremme toscane, bordée de maquis et de pins. Debussy arriva en pantalon de lin, coiffé d’un chapeau de paille, il entra dans la cabine que lui avait assignée Pinky, et il enleva son habit. Il aperçut Pinky sur la plage, mais au lieu de la saluer d’un geste, il se glissa dans l’ombre de la cabine. Pinky était une belle femme, propriétaire d’une villa, elle s’occupait des rares nageurs sur sa plage privée, et se promenait sur le bord de mer, couverte d’un voile bleu ciel qui descendait de son chapeau. Elle appartenait à une vieille noblesse et tutoyait tout le monde. Cela ne plaisait pas à Debussy, qui aimait être traité avec les formules de courtoisie.
Avant d’enfiler son costume, il fit quelques flexions des genoux, puis il se caressa longuement le sexe, qui était en semi-érection, parce que la vue de cette plage solitaire, avec le soleil et le bleu de la mer, lui procurait une certaine excitation. Il enfila un costume austère, de couleur bleue, avec deux petites étoiles blanches sur les épaules. A cet instant, il vit que Pinky et les deux chiens danois qui l’accompagnaient tout le temps avaient disparu, et qu’il n’y avait plus personne sur la plage. Debussy traversa la plage avec la bouteille de champagne qu’il avait emportée. Arrivé au bord de l’eau, il creusa un petit trou dans le sable et y enfila la bouteille pour qu’elle restât au frais, puis il entra dans la mer et nagea.
Il sentit tout de suite l’effet bénéfique de l’eau. Il aimait la mer plus que toute autre chose et aurait voulu lui dédier une musique. Le soleil était au zénith, la surface de l’eau étincelait. Debussy revint calmement, à amples brasses. Quand il arriva sur la plage, il déterra la bouteille de champagne et il en but environ la moitié. Il eut l’impression que le temps s’était arrêté, et il pensa que c’était cela que devait faire la musique : arrêter le temps.
Il s’avança vers la cabine et se déshabilla. Tandis qu’il se déshabillait, il entendit des bruits dans le maquis et il se mit à la fenêtre. Parmi les buissons, à quelques mètres devant lui, il vit un faune qui faisait la cour à deux nymphes. Une des nymphes caressait les épaules du faune, tandis que l’autre, pleine de langueur, esquissait des mouvements de danse.
Debussy éprouva un grand sentiment d’épuisement et commença à se caresser lentement. Puis il avança dans le maquis. Quand elles le virent arriver, les trois créatures lui sourirent et le faune commença à jouer du pipeau. C’était exactement la musique que Debussy aurait voulu composer, et il l’enregistra dans sa tête. Puis il s’assit sur les aiguilles de pin, le sexe en érection. Alors le faune prit une nymphe et s’accoupla avec elle. L’autre nymphe, d’un pas de danse fragile, s’approcha de Debussy, et le caressa sur le ventre. C’était l’après-midi, et le temps était immobile.
Antonio Tabucchi
(extraits de Rêves de rêves, traduit de l'italien par Bernard Comment)
Adieu, Antonio, rêve en paix.
"C'est un drôle de truc l'écriture. Pourquoi on se double de ça, on se double d'une oeuvre, d'une autre vision, du réel pourquoi tout le temps ce cheminement ? De l'écrit à côté de la vie, duquel on ne peut absolument pas s'extraire. J'ai beaucoup parlé de ça, et puis je ne sais pas ce que c'est. Écrire, je ne sais pas. "
Rilke, à couper le souffle, une fois de plus.
Extrait tiré du Livre de Rainer Maria Rilke "Les cahiers de Malte Laurids Brigge" conté par Michel AUMONT dans le film "Clara et moi" du réalisateur Arnaud VIARD et mis en musique par Benjamin BIOLAY.
De la folie, de l’amour, de la passion, de la générosité, autant de qualités qui animent « Vous n’aurez qu’à fermer les yeux », le dernier roman de Marianne Jaeglé.
Un livre passionné dont on se délecte au fil des pages, porté par une écriture légère qui nous parle. Un livre sur les relations inter-génération, sur la folie, sur l’amour, sur la vie, une belle histoire entre deux êtres humains bordés d’amour…au cœur du milieu psychiatrique, à la recherche d’une possible frontière entre folie et raison.
l'article de Mickaël Tardu est à lire dans son intégralité à l'adresse suivante :
http://www.carrefourdescultures.com/lecture/vous-naurez-qua-fermer-les-yeux-123