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Métamorphose…c'est par la fêlure...
  
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 C'est par la fêlure

Que dedans et dehors

Mêlent leurs eaux

   Charles Juliet       

 

                                                                                                              

 

Les hommes sont comme les arbres : de longues silhouettes  solitaires. Autonomes. Et pourtant, comme la forêt, ils s’agglomèrent et ne laissent plus rien pousser sous leurs ombres. Tel le noyer. 

  

Si l’être est en chemin vers le langage, si le langage est la maison, la maison de l’être, le bout du voyage, alors la quête de l’être est le langage. Le langage ne préexistait pas à l’être. Préexistait l’instinct. Le langage est une invention humaine, est un passeport pour le voyage : moyen et but en même temps. L’être est toujours en chemin vers la guérison ultime, vers la communication totale, vers une utopie idéale. En vain… Enfin… Le langage doit l’aider à prendre conscience de ce chemin. Ainsi tel le roi qui écoute mille et une nuits, mille et un milliers de mots provenant de la bouche dorée de Shéhérazade - toujours cette attirance pour les Lumières - et qui ne la tuant plus, guérit. Le langage comme déclencheur de bonheur. Catalyseur de la bonne heure - encore le temps - la bonne heure, la dernière que l’on voudrait vivre sans chaînes, avec légèreté. Le langage est cette quête de la légèreté, ce détachement du temps, cet accès à la non-pesanteur, cet envol vers un plaisir des sens, le retour du désir, la fin de la dépression, une victoire sur l’instinct, une victoire du cerveau sur son environnement, l’être détaché enfin du temps. Notre chaine. 

 

La promenade est le temps de la métamorphose. 

 

           Le sens de la vie appartient assurément au monde sensible, mais pas seulement. Le bien et le mal aussi. Nous ne pouvons abstraire ni l’un ni l’autre au profit d’une destinée qui nous dépasse. Le sens de la vie est notre sens moral, quand il n’est pas sens dessus dessous. Nous le construisons, il nous ressemble, il va vers ce que nous devenons. Multiple, il ne peut être qu’un perpétuel questionnement. Il est aussi sables mouvants : notre enlisement moral, notre isolement sensible. Solitude. Le sens de la communauté est-il le sens positif ; la solitude, le sens rétrograde ? La vérité, le vrai et le faux, le bon grain de l’ivraie. Nous séparons, nous catégorisons au lieu de parsemer, comme le semeur, notre jardin. 

 

            Combien dure cette métamorphose ?

            Le temps de la marche à pied ou le temps de la prose.

 

            Il s’agit d’étreindre notre environnement, par tous les pores de notre peau, par tous les récepteurs que sont nos mains, bouche, yeux, oreilles ou nez. Le goût et ses douleurs appartiennent à chacun. Notre corps est plein d’empreintes qui nous gouvernent. Imprégnons-nous. Il suffit d’imaginer. C’est notre spécificité, notre bien commun. Je suis un cerveau qui pense au corps, à cette chair où se crée et lutine ma pensée. Simplement, comment ne pas être simplement émerveillé par cette machine là… Cette machine là qui parle d’elle, qui a la conscience de parler de soi. Etrange… simplement étrange… Eblouissement… Il n’y a plus de culpabilité. Il suffit d’imaginer, de laisser la pensée dériver, voyager, couler de source. Il ne s’agit plus de créer des Dieux ou de tomber, dans tous ces ésotérismes de circonstances : laisser voguer notre imaginaire.
 

            A quel âge arrive la métamorphose ?

            Le moment où l'on se sent prêt, me répond l'écho des pas dans la forêt.

            Prêt ?

            Prêt à quoi ?

 

            La recherche du centre, d’un centre, de notre équilibre est notre chute dans un tonneau des Danaïdes : un gouffre sans fond. Nous courrons, ombres vagues, autour de lui. Nous sommes des tours solitaires : parfois, ces tours n’ont aucune ouverture, parfois une, deux ou plusieurs. Le jeu consiste à ouvrir de nouvelles fenêtres jusqu’au point où il n’y a plus de murs, et la tour s’écroule. Nous pouvons nous mettre alors sur le chemin, à la rencontre d’un autre marcheur, en évitant d’entrer dans la tour d’un autre, d’un autre que l’on vampirisera afin de reproduire le décor de notre ancienne tour.

 

            Il faut toujours tomber. Temps de la marche, temps de la prose. Métamorphose.

 Franck Queyraud

 

 


Pour lire mon texte, reportez-vous au blog de Franck Queyraud : http://flaneriequotidienne.wordpress.com/


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Tag(s) : #vases communicants

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